En bref
Le lave-linge séchant, machine 2-en-1 conçue pour les petits logements, équipe 7 % des ménages français mais 80 % des propriétaires utilisent rarement ou jamais la fonction séchage en raison de cycles longs, coûts électriques et capacité réduite.
Trois points à retenir
- Le marché du sèche-linge classique a reculé de 9,7 % en 2025 tandis que les appareils compacts progressent, mais seulement 7 % des ménages possèdent un lave-linge séchant.
- Faire sécher 9 kg de linge essoré dans un salon chauffé à l'électricité consomme environ 3,3 kWh et coûte 0,66 €, soit deux fois plus qu'un sèche-linge A+++.
- Une étude de la Mackintosh School of Architecture a mesuré une hausse de 30 % de l'humidité les jours de lessive et attribué 30 % des moisissures au séchage intérieur.
La réponse en bref
La lavante-séchante libère de la surface au sol et évite l'étendoir au séjour, mais reste un compromis : 80 % des propriétaires n'utilisent pas la fonction séchage régulièrement en raison de cycles longs, coûts électriques et capacité inférieure à celle du lavage.
Lave-linge séchant : une tendance réelle, un usage encore timide
Dans un studio où chaque centimètre compte, l’étendoir installé au milieu du séjour finit par s’y incruster comme un meuble à part entière. L’idée d’un seul appareil capable de laver et de sécher dans le même tambour — en éliminant à la fois le sèche-linge et l’étendoir du quotidien — séduit naturellement. Les fabricants désignent ce type d’appareil sous le nom de lave-linge séchant ou lavante-séchante, une machine 2-en-1 pensée spécifiquement pour le petit logement.
Dans les bilans du Gifam, cette catégorie d’appareils figure parmi les compacts et multifonctions en progression, aux côtés des lave-vaisselle de 45 cm et des petits réfrigérateurs. Le marché du sèche-linge classique a reculé de 9,7 % en 2025 selon le Gifam et NielsenIQ-GfK, tandis que les formats réduits continuent de gagner du terrain. Pourtant, derrière les arguments commerciaux annonçant la fin du sèche-linge et de l’étendoir, les chiffres d’équipement révèlent une réalité plus nuancée.
Ce que disent vraiment les chiffres du marché
Le bilan 2025 de l’électroménager fait état d’un marché global à 9,8 milliards d’euros, en baisse de 1,3 %, avec un gros électroménager à 5,38 milliards d’euros, également en recul. Les lave-linge ont cédé 3,5 %, le sèche-linge encore davantage, alors que les appareils compacts progressent. Sur le seul segment du séchage, les sèche-linge à pompe à chaleur ont enregistré une hausse de 8 % en valeur malgré le recul général de la catégorie — signe que l’innovation se concentre sur les formats économes et mieux adaptés aux contraintes d’espace.
Les chiffres d’adoption restent cependant modestes : 7 % des ménages possèdent un lave-linge séchant, soit environ un foyer sur quatorze. Et parmi eux, 80 % déclarent utiliser rarement ou jamais la fonction séchage, invoquant une durée de cycle trop longue, le coût de l’électricité et une capacité de séchage inférieure à celle du lavage. Les guides de UFC-Que Choisir et de Test-Achats décrivent ce 2-en-1 comme un compromis : gain de place indéniable, mais performances de séchage à examiner attentivement, d’autant que l’étiquette énergie des sèche-linge, entrée en vigueur le 1er juillet 2025, ne s’applique pas directement à ces machines hybrides.
Pourquoi l’étendoir intérieur devient un problème dans les petits espaces
Le vrai déclencheur n’est souvent pas une question de technologie, mais bien le ras-le-bol de l’étendoir intérieur omniprésent. Une lessive de 9 kg essorée à 1 351 tours par minute contient encore environ 4,9 litres d’eau dans le linge, selon les données utilisées pour l’étiquette énergie européenne et le registre EPREL. Dans une pièce chauffée à l’électricité, chaque litre évaporé consomme environ 0,68 kWh de chaleur ; une machine pleine représente ainsi quelque 3,3 kWh, soit environ 0,66 € au tarif réglementé de 0,2001 € le kWh — soit deux fois plus qu’un cycle de sèche-linge classé A+++.
Sur une saison de trois lessives de 6 kg par semaine d’octobre à avril, Jardin d’Amélie évalue ce séchage au salon à environ 40 € de chauffage supplémentaire, soit près de 200 kWh — l’ordre de grandeur que l’Ademe retient pour la consommation annuelle d’un sèche-linge. Sans parler de l’humidité : l’Ademe recommande de maintenir un taux d’humidité relative entre 40 et 60 %. Or une étude de la Mackintosh School of Architecture de Glasgow, menée sur 100 logements, a mesuré une hausse de 30 % de l’humidité les jours de lessive et attribué 30 % des moisissures observées au séchage intérieur. « Les gens se confinent dans leur maison par souci de contenir la chaleur, et ils ne l’aèrent pas suffisamment », expliquait l’architecte Colin Porteous, soulignant que 87 % des foyers étudiés faisaient sécher leur linge à l’intérieur.
Ce que la lavante-séchante apporte vraiment dans un petit logement
Dans ce contexte, la lavante-séchante répond avant tout à un besoin concret : libérer de la surface au sol et sortir le linge mouillé du séjour. Un seul appareil à brancher, un seul raccordement à l’évacuation et une largeur pouvant descendre sous les 45 cm — un repère mis en avant par le Gifam pour les petits espaces. Pour une personne seule ou un couple, l’option de sécher en machine une partie du linge permet de limiter les séances d’étendage, sans avoir à installer un sèche-linge dédié qui occuperait un pan de mur entier.
Il faut néanmoins composer avec quelques contraintes réelles. La capacité de séchage inférieure contraint parfois à retirer quelques pièces avant de lancer le séchage, ou à prévoir deux cycles pour une grosse lessive. Les durées de programme et la consommation lors de la phase de séchage doivent être lues directement dans les fiches techniques des fabricants, l’étiquette énergie n’offrant pas la même lisibilité que pour un sèche-linge classique.
Les associations de consommateurs conseillent de considérer cette machine 2-en-1 comme une solution complémentaire : idéale pour les jours où il est impossible d’étendre, elle peut s’utiliser en complément d’un étendoir classique ou d’un étendoir chauffant d’appoint — ce dernier étant limité à 6,5 mètres d’étendage pour 120 W de puissance, selon les tests réalisés par le Journal des seniors.


