En bref
Les technologues alimentaires recommandent l'acier inoxydable comme alternative au téflon, car ce matériau inerte ne migre pas de composants toxiques vers la nourriture et évite les risques liés aux PFAS présents dans certains revêtements antiadhésifs.
Trois points à retenir
- L'acier inoxydable est un matériau inerte qui ne libère pas de composants toxiques dans les aliments, contrairement aux revêtements antiadhésifs contenant des PFAS.
- Un test de l'UFC-Que Choisir de 2024 a retrouvé 17 PFAS différents dans 8 poêles antiadhésives parmi 70 substances recherchées.
- Pour éviter que les aliments collent à l'inox, il faut chauffer la poêle vide jusqu'à ce qu'une goutte d'eau forme une bille glissante, puis ajouter la matière grasse avant les aliments.
La réponse en bref
Les technologues alimentaires recommandent l'acier inoxydable, car il est inerte et ne migre pas de composants toxiques vers la nourriture, éliminant ainsi les risques liés aux PFAS présents dans les revêtements antiadhésifs au téflon.
La poêle antiadhésive remise en question
Dans de nombreuses cuisines, la poêle antiadhésive s’est imposée comme un outil incontournable. On l’utilise sans réfléchir pour les omelettes, les légumes sautés ou les crêpes. Pourtant, la question des PFAS — ces composés chimiques persistants présents dans certains revêtements — a semé le doute : quelle poêle choisir pour limiter ce qui migre dans les assiettes de toute la famille ?
Des technologues alimentaires se penchent sérieusement sur ce contact quotidien entre métal chaud et aliments. Le spécialiste espagnol Mario Sánchez souligne que « la sécurité alimentaire des poêles est très importante, car nous les utilisons au quotidien et elles sont en contact permanent avec la nourriture ». Lui et d’autres experts cités par des associations de consommateurs s’accordent sur un matériau qui sort clairement du lot.
Pourquoi les technologues alimentaires privilégient la poêle en inox
Interrogé par le média de santé Saber Vivir, Mario Sánchez ne laisse aucun doute : « Si je devais m’acheter une poêle, la meilleure option serait l’acier inoxydable ». Il précise que ce matériau est « inerte, ce qui signifie qu’il ne migre pas de composants toxiques vers la nourriture ».
L’inox présente d’autres avantages concrets selon lui : il est simple à nettoyer, compatible avec le lave-vaisselle, et contrairement au bois, il n’accumule pas de bactéries. Des arguments solides pour un usage quotidien.
Concrètement, une poêle en inox ne possède aucun revêtement fragile susceptible de s’écailler avec le temps. Fabriquée dans un alliage de chrome et de nickel, souvent en inox 18/10, elle est plébiscitée par des organismes comme l’UFC‑Que Choisir ou Allo Docteurs pour sa bonne tenue au contact des aliments. Sans couche antiadhésive, le risque de relargage de substances indésirables est considérablement réduit, tout en offrant une robustesse remarquable face aux hautes températures et aux années de vaisselle.
PFAS, PFOA, téflon : ce que change concrètement l’acier inoxydable
La méfiance actuelle autour des poêles antiadhésives trouve son origine dans l’histoire récente des revêtements. Jusqu’en 2020, de nombreuses poêles au téflon contenaient du PFOA, un composé appartenant à la famille des PFAS, désormais très encadré au niveau européen et quasiment interdit depuis le 4 juillet 2020. Mario Sánchez précise que « le problème principal n’est pas le téflon en lui-même, mais les PFAS qui recouvrent le téflon pour qu’il adhère à la poêle ».
Les chiffres parlent d’eux-mêmes. Selon un test publié début 2024 par l’UFC‑Que Choisir, 17 PFAS différents ont encore été retrouvés dans 8 poêles antiadhésives parmi les 70 substances recherchées. De son côté, l’Agence singapourienne de sécurité alimentaire signale que le PTFE commence à se dégrader au‑delà d’environ 260 °C, notamment lorsque la poêle chauffe à vide.
Face à ces constats, l’OCU rappelle que la fonte, la céramique et le téflon conservent leur utilité — mais chacun avec ses propres contraintes en termes de poids, de fragilité ou d’entretien.
Comment bien choisir et utiliser une poêle en inox au quotidien
Pour s’affranchir définitivement des questions de revêtement, de nombreux experts recommandent une poêle en inox de qualité, en alliage 18/10, dotée d’un fond épais permettant une bonne répartition de la chaleur. Quelques études indiquent que l’inox peut relarguer de très faibles traces de nickel ou de chrome, notamment avec des aliments très acides lors des premières utilisations. Ces niveaux restent bas pour la grande majorité des personnes ; en revanche, en cas d’allergie au nickel, la fonte ou la céramique sont davantage conseillées.
Reste la réputation tenace que « l’inox, ça colle ». Les spécialistes recommandent alors le test de la goutte d’eau : il suffit de chauffer la poêle vide, de déposer une goutte d’eau, et d’attendre qu’elle forme une bille qui glisse librement sur le fond. C’est le signal pour ajouter la matière grasse, puis les aliments — sans les bouger pendant quelques instants.
Mario Sánchez admet lui-même qu’« au début, il est vrai qu’il est compliqué de cuisiner avec ». Mais avec ces quelques gestes maîtrisés, l’inox devient rapidement un allié fiable et durable en cuisine.


