Un devis de rénovation à 20 500 € : comment se répartissent les taux à 5,5 %, 10 % et 20 %
Vous avez sollicité un devis pour renouveler votre système de chauffage et isoler vos combles, et vous découvrez trois lignes de TVA distinctes. Depuis 2025, lire un devis de remplacement de chaudière n’a plus rien d’anodin. Le seul poste chauffage peut désormais faire grimper la facture finale de plusieurs milliers d’euros, pour un résultat en termes de confort pratiquement identique.
Entre la TVA à 5,5 % réservée à la rénovation énergétique, le taux intermédiaire de 10 % applicable aux travaux d’amélioration, et le taux normal de 20 %, le type de chantier et l’équipement retenu deviennent des choix déterminants. La réforme introduite par la loi de finances pour 2025 a fait basculer la chaudière gaz au taux de 20 %, tandis que la pompe à chaleur demeure au taux réduit. Sur un devis de 20 500 € hors taxes, quelques lignes seulement suffisent à tout bouleverser.
Le cadre réglementaire repose sur deux articles du Code général des impôts. L’article 278‑0 bis A applique la TVA à 5,5 % aux travaux améliorant la performance énergétique : isolation thermique, pompes à chaleur, équipements utilisant des énergies renouvelables, dans un logement achevé depuis plus de deux ans. L’article 279‑0 bis, quant à lui, fixe le taux de 10 % pour les travaux d’amélioration, de transformation, d’aménagement ou d’entretien courant — électricité, plomberie, peinture.
Tout ce qui échappe à ces deux catégories tombe sous le coup du taux plein à 20 % : logements de moins de deux ans, matériel acheté directement par le client puis installé, gros équipements, ou encore travaux étendant la surface de plus de 10 %. Sur un devis représentatif de 20 500 € hors taxes — composé de 12 000 € pour une pompe à chaleur air‑eau, 3 000 € d’isolation et 5 500 € d’électricité et peinture — la TVA totale s’élève à 1 375 €, portant le montant TTC à 21 875 €. Si l’intégralité du chantier passait à 20 %, la TVA bondirait à 4 100 €, soit 2 725 € supplémentaires.
Chaudière gaz à 20 %, pompe à chaleur à 5,5 % : le nouveau visage du poste chauffage
Le changement le plus frappant concerne directement le chauffage. Avant mars 2025, une chaudière gaz à condensation bénéficiait encore du taux à 5,5 %. L’article 32 de la loi de finances pour 2025 l’a exclue de l’ensemble des taux réduits, au même titre que les pompes à chaleur hybrides fonctionnant avec un appoint gaz ou fioul.
Concrètement, remplacer une ancienne chaudière par une chaudière gaz facturée 5 000 € hors taxes génère désormais 1 000 € de TVA. À titre de comparaison, une pompe à chaleur air‑eau à 12 000 € hors taxes n’en produit que 660 €. L’écart est saisissant.
La pompe à chaleur air‑air — autrement dit la climatisation réversible — a elle aussi connu une évolution notable. Depuis le 18 juillet 2026, une installation fixe d’une puissance inférieure ou égale à 12 kW, classée A++ en mono‑split ou A+ en multi‑split, équipée d’un fluide conforme et d’un pilotage à distance, bénéficie du taux à 5,5 %. Avant cet arrêté, la fourniture était taxée à 20 % et la pose à 10 % : sur un multi‑split à 8 000 € hors taxes, la TVA atteignait 1 350 €. Aujourd’hui, elle tombe à 440 €, ce qui modifie radicalement l’arbitrage face à une chaudière gaz. Dans certains cas, un devis moins élevé avec chaudière peut générer davantage de TVA qu’un devis plus cher intégrant une pompe à chaleur.
TVA sur devis de rénovation : les bons réflexes pour éviter le taux à 20 %
La façon dont le devis est construit joue un rôle absolument central. Selon la doctrine fiscale, la TVA réduite s’applique à la fois à la fourniture et à la pose lorsque l’entreprise livre un équipement fixé au bâti et procède elle-même à son installation. En revanche, si le particulier achète directement la chaudière, le ballon ou la pompe à chaleur en magasin, la fourniture est taxée à 20 %, seule la main-d’œuvre pouvant potentiellement rester à 5,5 % ou 10 %.
Depuis la loi de finances pour 2024, c’est le client qui atteste directement sur le devis ou la facture que le logement a plus de deux ans et que les travaux satisfont aux conditions des taux réduits. L’artisan doit conserver ces justificatifs pendant cinq ans. Quelques réflexes concrets permettent de limiter sensiblement la charge de TVA sur une rénovation énergétique.
- Faire fournir le matériel par l’entreprise, afin que la fourniture suive le taux réduit applicable à la pose.
- Regrouper sur un même devis tous les travaux indispensables au bon fonctionnement de la pompe à chaleur.
- Planifier les travaux après les deux ans du logement pour ouvrir droit aux taux à 5,5 % et 10 %.
- Vérifier la classe énergétique et la puissance d’une climatisation réversible avant de signer, pour s’assurer de l’éligibilité au 5,5 %.
- Maintenir une chaudière gaz en bon état via un simple entretien — taxé au taux réduit — plutôt que d’engager un remplacement soumis au taux plein.


