3 Brothers

Des idées pratiques pour mieux vivre au quotidien

Conseils cuisine

Si vous avez mis du ciment sur les joints de votre façade en pierre, ce qui arrive au 5e hiver est alarmant

En bref

Le rejointoiement au ciment d'une façade en pierre ancienne provoque, au bout de cinq hivers, la désagrégation de la pierre elle-même en raison de l'emprisonnement de l'humidité et des cycles de gel-dégel.

Trois points à retenir

  1. Les joints au ciment, trop rigides et imperméables, empêchent la vapeur d'eau de s'échapper et piègent l'humidité dans la pierre.
  2. Au cinquième hiver, les cycles de gel et de dégel font éclater les arêtes et effriter la pierre de l'intérieur.
  3. Le mortier de chaux, respirant et souple, est la solution recommandée pour préserver les façades en pierre ancienne.

La réponse en bref

Au cinquième hiver, la pierre se désagrège de l'intérieur car le ciment emprisonne l'humidité qui, en gelant et dégelant, fait éclater la pierre.

Une façade en pierre rejointoyée au ciment : le piège qui se referme lentement

Au départ, tout inspire confiance. La façade en pierre vient d’être ravalée, les joints refaits au ciment affichent un gris régulier et propre, et le propriétaire se dit que sa maison est enfin prête à affronter les hivers. Pendant quatre ans, rien d’inquiétant. Mais au cinquième hiver, un façadier appelé pour un simple contrôle pose le doigt sur une pierre… et un éclat se détache comme de la craie humide.

Ce scénario, rapporté par plusieurs artisans spécialisés dans le bâti ancien, illustre une erreur extrêmement courante. Refaire des joints au ciment sur une façade en pierre avant les grands froids donne l’illusion d’une protection durable. Mais en profondeur, la pierre ancienne ne tolère pas ce traitement trop rigide. Ce jour-là, ce n’est pas le joint qui alertait le professionnel — c’est la pierre elle-même qui se désagrégeait.

Rejointoiement d’une façade en pierre : à quoi servent vraiment les joints

Les spécialistes sont formels : le rejointoiement va bien au-delà du simple comblement des vides entre les pierres. Les joints garantissent la cohésion du mur, sa capacité à gérer l’humidité, à évacuer la vapeur d’eau et à résister aux pluies battantes. Sans ce mortier, la pierre serait exposée directement aux intempéries et vieillirait beaucoup plus vite.

Dans les constructions anciennes, ces joints étaient presque systématiquement réalisés à la chaux. Comme le rappelle Pause Maison : « L’immense majorité des fermes et des maisons de village étaient montées et jointoyées à la chaux ; ce liant laisse respirer le mur, car il est très perméable à la vapeur d’eau, et il absorbe les légers mouvements du bâti sans faire éclater la pierre. » Le principe est clair : le mortier doit être volontairement plus souple que la pierre, pour encaisser les micro-mouvements et jouer le rôle de fusible.

Pourquoi les joints au ciment détériorent la pierre, surtout en hiver

À première vue, un mortier de ciment semble idéal : solide, imperméable, économique et bien délimité visuellement. C’est précisément ce qui a séduit de nombreux propriétaires avant les premières gelées. Pourtant, comme le souligne Demotivateur, « cette matière devient trop rigide une fois durcie et laisse peu passer la vapeur d’eau ». L’humidité qui devrait s’échapper à travers des joints respirants reste alors prisonnière à l’intérieur du mur.

Avec le temps, cette eau cherche une autre issue et migre directement au cœur de la pierre. En hiver, les cycles de gel et de dégel génèrent une pression interne qui fait éclater les arêtes et feuillette les blocs les plus tendres. C’est exactement ce que constatait le façadier au cinquième hiver : le joint au ciment tenait parfaitement, mais la pierre s’effritait tout autour, déjà rongée de l’intérieur.

Mortier de chaux : la bonne solution pour les joints de façade en pierre

Pour éviter ce scénario destructeur, les organismes patrimoniaux recommandent fermement de ne pas utiliser de ciment sur les murs anciens et de revenir au mortier de chaux. Ce matériau, éprouvé depuis des siècles, permet au mur de respirer et accompagne naturellement les légères déformations du bâti. Il existe différentes variétés de chaux — aériennes ou hydrauliques naturelles — à sélectionner en fonction de la nature de la pierre et de l’exposition du mur.

Les guides de rénovation recommandent généralement de dégarnir les anciens joints sur 2 à 3 centimètres de profondeur, puis de procéder à un nouveau jointoiement à la chaux, dosé autour d’un volume de chaux pour 2,5 à 3 volumes de sable. Une mise en garde essentielle : il ne faut surtout pas recouvrir du ciment existant avec un enduit à la chaux sans diagnostic préalable. Mieux vaut faire examiner sa façade par un professionnel du bâti ancien avant qu’un simple passage de doigt ne révèle que la pierre a déjà trop souffert.