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Bien-être

15 usages détournés de l’adoucissant à éviter à la maison

En bref

L'adoucissant textile dépose un film sur les fibres qui réduit l'absorption des serviettes et torchons, altère les traitements techniques des vêtements de sport et ignifugés, émet des composés organiques volatils dans l'air intérieur et se dégrade difficilement en station d'épuration.

Trois points à retenir

  1. L'adoucissant réduit le pouvoir absorbant des serviettes, torchons et microfibres en déposant une pellicule grasse sur les fibres.
  2. Il peut altérer les traitements techniques des vêtements de sport, tissus déperlants et pyjamas ignifugés des enfants.
  3. Les adoucissants parfumés émettent des composés organiques volatils dans l'air intérieur et se dégradent difficilement en station d'épuration.

La réponse en bref

Il faut éviter l'adoucissant sur les serviettes, torchons, vêtements de sport, microfibres, tissus déperlants et pyjamas ignifugés, et le réserver en petite quantité à quelques cotons non techniques uniquement.

Pourquoi l’adoucissant déborde largement du cadre de la machine à laver

Sur les réseaux sociaux, l’adoucissant s’est imposé comme un remède universel qu’on répand un peu partout : dans le tambour, sur les rideaux, en spray sur le canapé… L’objectif affiché ? Que « ça sente le propre » et que les matières soient plus douces. Pourtant, ce produit n’a absolument pas été conçu pour toutes ces applications.

Un adoucissant textile contient des agents lubrifiants qui enrobent les fibres pour les assouplir, réduire l’électricité statique et parfumer le linge. Whirlpool précise qu’il est formulé pour être versé uniquement lors du dernier rinçage, jamais en début de cycle. Des organismes comme l’ADEME et l’association de consommateurs Que Choisir insistent également sur le fait que son utilisation doit rester ciblée et raisonnée.

Un film protecteur qui peut vite devenir un problème

En déposant une pellicule sur les fibres, l’adoucissant les rend plus lisses et plus souples. Sur des draps en coton, l’effet est plaisant. Mais sur d’autres types de textiles, ce même revêtement peut réduire les capacités d’absorption ou altérer des traitements techniques spécifiques.

Whirlpool cite notamment les serviettes, les vêtements de sport, les microfibres, les tissus déperlants et les vêtements ignifugés comme des cas où l’adoucissant risque de faire perdre une partie des performances d’origine. L’ADEME signale par ailleurs que les adoucissants parfumés émettent des composés organiques volatils dans l’air intérieur au moment du séchage, et qu’ils se dégradent difficilement en station d’épuration.

Que Choisir pointe aussi un risque d’irritations cutanées lié aux parfums et aux conservateurs contenus dans ces produits. Sans oublier l’encrassement progressif du lave-linge en cas de surdosage, avec un dépôt gras qui s’accumule dans les conduits et sur le tambour.

15 usages détournés de l’adoucissant à éviter dans la maison

Du côté du linge, dix erreurs reviennent régulièrement chez les consommateurs :

  • 1) Ajouter de l’adoucissant à chaque lavage sur les serviettes de bain.
  • 2) L’utiliser sur les gants et peignoirs éponge.
  • 3) En mettre sur les torchons de cuisine — le film déposé réduit directement leur pouvoir absorbant.
  • 4) L’appliquer sur les vêtements de sport techniques conçus pour évacuer la transpiration.
  • 5) En utiliser sur les leggings serrés et tenues de fitness composés de nombreuses fibres synthétiques.
  • 6) L’employer sur les textiles en microfibre — chiffons, serpillières, lingettes — dont l’efficacité nettoyante repose précisément sur leurs micro-boucles.
  • 7) L’appliquer sur les tissus déperlants, comme certaines vestes ou nappes, au risque d’annuler l’effet goutte d’eau.
  • 8) En mettre sur les vêtements et pyjamas ignifugés des enfants : Whirlpool met explicitement en garde contre une possible altération du traitement retardateur de flamme.
  • 9) Utiliser un adoucissant très parfumé sur le linge de bébé ou de personnes à peau fragile.
  • 10) Appliquer systématiquement de l’adoucissant sur tous les textiles sans jamais consulter l’étiquette d’entretien.

Cinq autres mauvais réflexes concernent directement la machine et l’environnement de la maison :

  • 11) Surdoser l’adoucissant « pour que ça sente plus fort », ce qui favorise les résidus sur le linge et à l’intérieur de l’appareil.
  • 12) Le verser dans le tambour en début de cycle ou le mélanger à la lessive — la lessive doit nettoyer en premier, l’adoucissant enrobe ensuite, comme le rappelle un guide cité par ABC.
  • 13) En appliquer pur sur du linge avant de le mettre au sèche-linge, ce qui risque de tacher le textile et d’encrasser l’appareil.
  • 14) Préparer un spray maison à base d’adoucissant dilué pour parfumer rideaux, canapé ou literie sans rinçage, augmentant ainsi les émissions de composés dans l’air intérieur.
  • 15) L’utiliser pour « entretenir » le tiroir à lessive ou les joints du hublot, ce qui ajoute une couche grasse là où l’on cherche au contraire à éliminer les dépôts.

Que faire à la place de l’adoucissant dans la maison ?

La solution la plus sage reste de réserver l’adoucissant textile à quelques cotons non techniques, en petite quantité, et uniquement lorsque l’étiquette ne l’interdit pas. Pour les serviettes, torchons, vêtements de sport, microfibres, tissus déperlants et pyjamas ignifugés, les fabricants et des organismes comme l’ADEME recommandent de s’en passer complètement.

Des boules de séchage en laine ou en plastique, mentionnées par Whirlpool, permettent de limiter l’électricité statique avec un léger effet assouplissant, sans parfum ni dépôt chimique. Une alternative simple et efficace à adopter au quotidien.

Pour préserver la qualité de l’air intérieur, mieux vaut privilégier une lessive peu parfumée, bien aérer pendant et après le séchage, et nettoyer régulièrement le lave-linge pour éliminer les résidus accumulés. L’ADEME conseille de limiter l’usage d’adoucissant, surtout parfumé, afin de réduire simultanément la pollution de l’air intérieur et celle des eaux usées. Un linge bien rincé, séché au soleil ou à l’air libre, reste la meilleure garantie d’une maison qui sent « le propre » sans dépendre d’un flacon d’adoucissant.