En bref
Une étude espagnole de 2022 attribue 57 % d'économies au poêle à pellets face aux radiateurs électriques pour un logement de 90 m² en zone climatique D, mais ce chiffre ne s'applique pas à toutes les situations et dépend de nombreux paramètres.
Trois points à retenir
- Le chiffre de 57 % provient d'une étude de l'OCU espagnole pour un logement de 90 m² en zone climatique D, avec un coût de 545 € par saison contre 1 255 € pour les radiateurs électriques.
- La qualité des granulés certifiés ENplus A1 et un taux d'humidité inférieur à 10 % sont déterminants pour maintenir le rendement de 80 à 90 % du poêle.
- La pompe à chaleur reste l'option la plus économique selon l'OCU avec environ 455 € par saison pour 90 m², devant le poêle à pellets.
La réponse en bref
Ce calcul de 57 % d'économie provient d'une étude espagnole très ciblée et ne s'applique pas à tous les logements. L'avantage réel dépend de la surface, du climat, de la qualité des granulés et de l'usage du poêle comme source principale de chauffage.
D’où vient vraiment ce chiffre de 57 % entre poêle à pellets et radiateurs électriques ?
Chaque automne, la même interrogation revient dans les foyers français : vaut-il mieux conserver ses radiateurs électriques ou basculer vers un poêle à pellets pour alléger la note de chauffage ? Entre la récente envolée des prix de l’électricité et la normalisation — certes partielle — du coût des granulés, la réponse n’a rien d’automatique.
Des associations de consommateurs et des spécialistes de la maîtrise de l’énergie avancent pourtant des écarts spectaculaires, parfois proches de 60 %. Ces chiffres reposent sur des bases réelles, mais leur portée est bien plus limitée qu’il n’y paraît. Ce fameux 57 % ne s’applique pas à toutes les situations.
Ce pourcentage est issu d’une étude publiée en novembre 2022 par l’Organisation des Consommateurs et Usagers espagnole (OCU). Le calcul concerne un logement de 90 m² implanté en zone climatique D — correspondant aux régions de Madrid ou Zaragoza — sur l’ensemble d’une saison de chauffe. Dans ce cadre précis, un poêle à pellets revient à environ 545 € par saison, contre 1 255 € pour des radiateurs électriques. L’écart de 710 € représente effectivement environ 57 % d’économies.
Cette même étude de l’OCU chiffrait les accumulateurs électriques à 1 046 € par saison, une chaudière gaz à condensation aux alentours de 683 €, et la pompe à chaleur à environ 455 € — l’option la plus économique dans ce scénario. Depuis 2022, le prix du sac de 15 kg de pellets est passé d’environ 7 € à près de 5,25 € en 2024 selon l’association Avebiom. Des analyses publiées par Selectra estiment par ailleurs le coût du chauffage par radiateurs électriques à environ 2 046 € par saison pour 100 m² en 2026. L’écart entre les deux modes de chauffage ne s’est donc pas réduit depuis 2022.
Dans quels cas un poêle à pellets génère-t-il de vraies économies ?
Le scénario décrit par l’OCU est très ciblé : 90 m², un climat froid modéré, et un poêle utilisé comme source principale de chauffage. En pratique, un poêle chauffe avant tout la pièce dans laquelle il est installé — sauf s’il s’agit d’un modèle canalisable ou d’une chaudière à granulés raccordée à un réseau de radiateurs. L’OCU souligne que cet équipement convient particulièrement aux résidences secondaires et aux maisons disposant d’un espace de stockage pour les sacs de 15 kg de combustible.
La qualité des granulés constitue un autre paramètre déterminant. Les fabricants recommandent des pellets certifiés ENplus A1, à faible teneur en humidité et en cendres. Des tests menés par UFC-Que Choisir confirment qu’un bon poêle à granulés atteint un rendement de 80 à 90 %, mais que cette performance se dégrade rapidement avec des pellets de mauvaise qualité. Trucmania précise qu’un taux d’humidité supérieur à 10 % entraîne une surconsommation qui efface très vite l’avantage théorique des 57 %.
Quelques réflexes simples permettent de vérifier la qualité des granulés avant utilisation :
- Immerger quelques granulés dans un verre d’eau : s’ils flottent, ils sont suffisamment secs ; s’ils coulent, leur taux d’humidité est trop élevé.
- Examiner leur aspect visuel : des pellets gonflés, friables ou dégageant une odeur de bois moisi trahissent une humidité excessive.
- Conserver les sacs dans un endroit sec, surélevé et bien fermé, afin d’éviter toute infiltration d’eau ou remontée d’humidité du sol.
Radiateurs électriques, poêle à pellets ou pompe à chaleur : comment choisir ?
Face aux radiateurs électriques, le poêle à granulés conserve un avantage net sur les coûts d’usage, particulièrement en intersaison lorsque seule la pièce de vie nécessite d’être chauffée. La pompe à chaleur, dans le calcul de l’OCU, reste cependant l’option la moins coûteuse sur une saison complète — environ 455 € pour 90 m² — tout en offrant la climatisation en été. La chaudière gaz à condensation se positionne entre les deux, avec un coût intermédiaire mais une diffusion de chaleur uniforme dans l’ensemble du logement.
L’investissement initial et les frais d’entretien entrent également en ligne de compte. UFC-Que Choisir rappelle qu’un poêle à granulés impose un ramonage régulier, un nettoyage fréquent du brasero et un contrôle annuel, des dépenses à intégrer dans le bilan global. Pour prétendre à des aides telles que MaPrimeRénov’, les travaux doivent être confiés à un professionnel certifié RGE. Enfin, la vigilance s’impose face aux offres trop attractives : le site QuelleEnergie.fr avertit sans détour — « Attention : si l’on vous fait une offre de poêle à granulés à 1 € (ou pour tout projet d’isolation ou de chauffage), refusez-la, c’est une arnaque ! » De plus en plus de foyers prennent soin de chiffrer précisément l’ensemble de ces paramètres avant de décider de remplacer leurs radiateurs classiques.


