En bref
Lionel De Swarte-Danko, expert chez Travaux.com, recommande des gestes gratuits comme déplacer les meubles devant les radiateurs et purger les radiateurs, ainsi que des travaux d'isolation ciblés pour réduire les factures de chauffage qui inquiètent 47 % des Français.
Trois points à retenir
- Déplacer un canapé devant un radiateur et purger les radiateurs sont des gestes gratuits qui améliorent immédiatement le confort thermique.
- Calfeutrer les bas de porte et les joints de fenêtres produit des résultats ressentis très rapidement selon l'expert.
- L'isolation des combles, responsables de jusqu'à 30 % des pertes de chaleur, est le premier poste à examiner avant d'engager des travaux coûteux.
La réponse en bref
Avant d'engager des travaux coûteux, l'expert recommande des gestes gratuits comme déplacer les meubles devant les radiateurs, purger les radiateurs et baisser le thermostat d'un degré, puis calfeutrer les infiltrations d'air. Si ces mesures ne suffisent pas, il conseille de faire évaluer les besoins du logement par un artisan qualifié pour cibler les travaux d'isolation les plus efficaces, notamment des combles.
Des factures de chauffage qui font peur à près d’un Français sur deux
Le retour des températures hivernales ramène avec lui une angoisse bien connue : celle de la facture énergétique. Et les chiffres parlent d’eux-mêmes. D’après une étude Travaux.com publiée à l’automne 2026, 47 % des Français redoutent d’ouvrir leur relevé de consommation, et 31 % craignent de ne plus pouvoir chauffer convenablement leur foyer.
Pour démêler le vrai du faux et identifier les solutions concrètes, Maison & Travaux a interrogé en exclusivité Lionel De Swarte-Danko, expert métier chez Travaux.com. Entre gestes du quotidien et travaux ciblés, il détaille ce qui fonctionne vraiment — et ce qui ne suffit plus.
Facture de chauffage : pourquoi les Français peinent-ils autant à faire face ?
La pression financière est réelle et généralisée. Selon l’enquête menée par Opinium pour Travaux.com, 57 % des sondés se disent plus préoccupés par leurs finances qu’auparavant, et 54 % redoutent les charges courantes liées à leur logement.
Un profil ressort nettement : celui des jeunes adultes. « Ce qu’on voit, c’est surtout les jeunes adultes qui sont les plus exposés », confirme Lionel De Swarte-Danko. Parmi les 18-34 ans, 20 % ont déjà eu recours à un emprunt ou à un crédit pour honorer une facture d’énergie — soit environ le double de la moyenne générale des répondants.
Autre enseignement surprenant : cette détresse financière ne se concentre pas dans les grandes métropoles. « En termes de répartition globale, en termes géographiques, on ne voit pas trop de différence entre grandes villes, zones rurales. C’est assez homogène. C’est plutôt une tendance de fond », précise l’expert.
Face à cette situation, les ménages ont déjà modifié leurs comportements. 83 % surveillent désormais leur consommation électrique, 40 % prennent des douches plus courtes, et 45 % envisagent de ne chauffer que la pièce où ils se trouvent. Mais ces ajustements atteignent vite leurs limites quand le logement lui-même est en cause. « On a assez souvent tendance à axer le problème sur le comportement des consommateurs, mais quand le logement lui-même fuit, être vigilant ne suffit plus », souligne Lionel De Swarte-Danko.
Les gestes gratuits recommandés par l’expert pour réduire sa facture de chauffage
Avant d’envisager des travaux d’envergure, quelques réflexes simples permettent déjà d’améliorer le confort thermique sans débourser le moindre euro. Le premier conseil de Lionel De Swarte-Danko concerne un détail que l’on néglige souvent : la position des meubles devant les radiateurs.
« En termes de ce qui est gratuit et qu’on peut faire soi-même, il y a des petites choses toutes simples comme, si quelqu’un a un radiateur avec un canapé devant, le radiateur ne chauffe pas la pièce, le radiateur chauffe le canapé », illustre-t-il. Dégager l’espace autour d’un radiateur permet à la chaleur de se diffuser correctement dans la pièce.
Autre action à ne pas négliger : purger les radiateurs pour chasser l’air accumulé dans le circuit, qui nuit à leur efficacité. Et un réglage tout simple peut également faire la différence : baisser le thermostat d’un seul degré. Selon les données de l’ADEME, ce geste peut réduire les dépenses de chauffage jusqu’à 7 %.
Courants d’air et calfeutrage : des résultats souvent immédiats
Pour aller un peu plus loin sans engager de frais importants, l’expert recommande de traquer les infiltrations d’air : bas de porte mal ajustés, joints de fenêtres abîmés, ouvertures insuffisamment colmatées. Ces défauts, même mineurs, peuvent laisser le froid s’engouffrer et alourdir considérablement la facture.
« La bonne nouvelle, c’est que quand on calfeutre, quand on rajoute, par exemple, un boudin ou un bas de porte, la différence, elle est assez souvent ressentie très rapidement », rassure Lionel De Swarte-Danko. Les rideaux thermiques constituent une autre option, notamment devant des fenêtres à simple vitrage — même si l’expert tempère les attentes : « Ça va améliorer le confort, mais ce n’est pas ça qui va faire une grosse différence sur la facture à la fin du mois ».
Enfin, l’expert met en garde contre une tentation courante : repousser l’entretien annuel de la chaudière pour économiser quelques euros. D’après l’étude, 6 % des sondés envisagent de retarder leur révision annuelle — une décision risquée en cas de panne en plein hiver. « On recommande qu’elle soit faite en temps et en heure pour éviter les imprévus », insiste Lionel.
Isolation des combles, des murs et des fenêtres : quels travaux privilégier ?
Lorsque les petits gestes ne suffisent plus, il devient nécessaire de s’attaquer à l’isolation du logement lui-même. Pour Lionel De Swarte-Danko, les combles et la toiture sont les premiers postes à examiner : ils peuvent être responsables de jusqu’à 30 % des pertes de chaleur d’une maison.
L’isolation des murs peut également s’avérer indispensable. Les coûts varient selon la méthode choisie :
- Isolation par l’intérieur : entre 50 et 100 euros le m²
- Isolation par l’extérieur : entre 100 et 200 euros le m², pouvant atteindre 20 000 à 30 000 euros pour une maison entière
- Remplacement des fenêtres : entre 500 et 1 000 euros par fenêtre, selon l’état du logement et les contraintes d’accessibilité
Faut-il forcément rénover entièrement son logement ?
Pas nécessairement. Avant de se lancer dans un chantier complet, Lionel De Swarte-Danko conseille de faire évaluer précisément les besoins du logement. « Le mieux, c’est d’en parler avec un artisan qualifié qui va pouvoir donner une idée de quels vont être les changements qui vont faire le plus grand impact et quel va être leur coût et le tout relatif à ce que vous dépensez en chauffage aujourd’hui », résume-t-il.
La question du financement reste un frein majeur. L’étude révèle que 52 % des Français connaissent mal les aides disponibles pour améliorer la performance énergétique de leur logement. L’expert recommande de se renseigner auprès de France Rénov’, notamment sur le dispositif MaPrimeRénov’, et de solliciter un artisan certifié RGE.
« Le mieux, c’est de parler à un artisan qui va pouvoir étudier la situation et pouvoir dire, voilà ce qu’on peut faire en fonction des budgets différents et voilà les aides auxquelles on va pouvoir avoir accès », conclut Lionel De Swarte-Danko. Sur Travaux.com, publier un projet et entrer en contact avec un professionnel est gratuit — même si, selon l’artisan et la nature de l’intervention, une visite technique ou l’établissement d’un devis peut être facturé.


