En bref
L'ADEME recommande de baisser le chauffage de 2 à 3 °C pendant les absences de moins de 24 heures, soit 16 à 17 °C au lieu de 19-20 °C, plutôt que de l'éteindre complètement.
Trois points à retenir
- Éteindre complètement le chauffage génère un pic de consommation au redémarrage qui annule les économies réalisées pendant l'absence.
- Abaisser la température de consigne d'un seul degré réduit d'environ 7 % la consommation de chauffage selon l'ADEME.
- Un thermostat programmable peut générer jusqu'à 15 % d'économies sur le chauffage, qui représente 40 à 60 % de la dépense énergétique des ménages.
La réponse en bref
L'article indique qu'il vaut mieux réduire le chauffage de 2 à 3 °C pendant une absence plutôt que de l'éteindre complètement. Pour une absence de moins de 24 heures, l'ADEME recommande de programmer 16 à 17 °C au lieu de 19-20 °C, car un arrêt total génère un pic de consommation au redémarrage qui annule les économies.
Éteindre ou baisser le chauffage en partant : que dit vraiment la science du confort thermique ?
Le geste est presque automatique : on attrape ses clés, on tourne le thermostat au minimum ou on coupe tout, convaincu de faire une bonne affaire sur la facture. Mais au retour, la maison est froide comme une cave, les radiateurs tournent à fond et il faut attendre de longues minutes avant de retrouver une température agréable.
Avec des prix de l’énergie sous haute surveillance et un hiver imprévisible, la question revient dans chaque foyer : vaut-il vraiment mieux éteindre ou simplement réduire le chauffage pendant une absence, même courte ? Les spécialistes du confort thermique ont une réponse claire, et elle contredit ce réflexe bien ancré qui, en réalité, ne protège pas autant le porte-monnaie qu’on le croit.
Pourquoi couper complètement le chauffage est souvent une mauvaise idée
Quand on part travailler ou s’absente quelques heures, la tentation de tout éteindre est forte. Moins on chauffe, moins on dépense — la logique semble implacable. Pourtant, les experts sont formels : un logement entièrement refroidi nécessite ensuite un effort considérable pour revenir à une température confortable.
Murs, sols, mobilier et air ambiant doivent tous se réchauffer simultanément, ce qui génère un pic de consommation capable d’annuler les économies réalisées pendant plusieurs heures d’arrêt. L’alternance refroidissement total puis surchauffe est donc doublement pénalisante, sur la facture comme sur la durée de vie des équipements.
Les professionnels signalent également qu’un intérieur dont la température descend trop bas devient rapidement humide. Les parois se refroidissent, une sensation de courant d’air s’installe et persiste longtemps après le redémarrage des radiateurs. À l’inverse, maintenir une température modérée et stable évite ces désagréments. L’Ademe le confirme : abaisser d’un seul degré la température de consigne suffit à réduire d’environ 7 % la consommation de chauffage. Le vrai gain se joue donc dans la finesse du réglage, pas dans les situations extrêmes.
L’astuce des professionnels : réduire de seulement 2 à 3 °C pendant l’absence
Pour toute absence inférieure à 24 heures, les spécialistes s’accordent sur une même recommandation : ne jamais tout couper, mais abaisser le chauffage de 2 à 3 °C. En pratique, si votre logement est habituellement réglé à 19 ou 20 °C, programmer 16 à 17 °C pendant la journée de travail suffit largement.
Cette réduction modérée permet de limiter la dépense durant l’absence tout en conservant une chaleur résiduelle utile : les parois restent tièdes, l’air ne se charge pas d’humidité et la remontée en température à votre retour reste rapide et peu énergivore.
Un autre repère important : ne jamais descendre sous les 16 °C pour une absence courte. Pour un week-end ou une absence de 24 à 48 heures, une température comprise entre 12 et 14 °C convient à la majorité des logements. En cas de départ prolongé, le mode hors-gel — généralement réglé entre 8 et 12 °C selon l’installation — protège efficacement le circuit sans laisser la maison geler. Dans tous les cas, le principe reste le même : on baisse, certes, mais sans basculer dans le froid intégral qui coûtera cher au redémarrage.
Thermostat programmable et petits gestes du quotidien : préserver la chaleur sans effort
Pour appliquer ces réglages sans y penser chaque matin, le thermostat programmable s’impose comme un allié incontournable. Selon l’Ademe, ce type d’appareil peut générer jusqu’à 15 % d’économies sur le chauffage, poste qui représente déjà entre 40 et 60 % de la dépense énergétique des ménages.
Grâce aux plages horaires programmées, le thermostat abaisse automatiquement la température pendant les absences puis anticipe la remontée pour que le logement soit confortable dès votre retour. Le gouvernement a d’ailleurs prévu de rendre ces thermostats programmables obligatoires d’ici 2030, sur chaque radiateur de chaque pièce, même si cette échéance a déjà été repoussée par rapport au calendrier initial. À l’heure actuelle, il faut prévoir entre 210 et 450 € environ pour la pose d’un modèle classique, certains équipements connectés haut de gamme dépassant largement cette fourchette.
Quelques gestes simples viennent renforcer l’efficacité de ces réglages, sans contrainte quotidienne particulière :
- fermer volets et rideaux dès la tombée de la nuit pour retenir la chaleur à l’intérieur,
- aérer brièvement chaque matin, 5 à 10 minutes, pour renouveler l’air sans refroidir les murs,
- dégager les radiateurs de tout meuble ou linge qui bloque la diffusion de la chaleur,
- poser des joints isolants autour des fenêtres et des portes d’entrée si nécessaire.
En combinant une baisse modérée du thermostat pendant les absences, un équipement programmable et ces réflexes d’isolation simples, il est tout à fait possible de préserver à la fois le confort du logement et l’équilibre de la facture, même durant les épisodes les plus rigoureux de l’hiver.


