En bref
Matthias Roß, 65 ans, met en vente pour 220 000 € l'île canadienne Back Lake Island qu'il a remportée en 2005 grâce à un concours Haribo, invoquant des taxes foncières annuelles de 2 500 € et des contraintes logistiques.
Trois points à retenir
- Matthias Roß a gagné l'île de 6,5 hectares en Nouvelle-Écosse en 2005 via un concours Haribo incluant une cabane et du matériel de pêche
- La propriété comprend désormais une maison en bois de 85 m² avec panneaux solaires, pompe à eau du lac, toilettes à compost et deux embarcations
- Les coûts annuels atteignent environ 2 500 € entre taxes foncières, billets d'avion, location de voiture et entretien du site isolé
La réponse en bref
Matthias Roß vend son île car les contraintes financières (2 500 € de taxes foncières annuelles selon ses déclarations) et logistiques (temps de trajet, éloignement, organisation complexe) ont progressivement pris le dessus sur le charme de la propriété.
Une île gagnée avec des bonbons, aujourd’hui mise en vente
Remporter une île privée grâce à un paquet de bonbons, cela tient davantage du conte que de la réalité. Pourtant, c’est exactement ce qui est arrivé à Matthias Roß, un Bavarois aujourd’hui âgé de 65 ans. Au milieu des années 2000, il a décroché le gros lot : une île située au Canada, un chalet en bois et du matériel de pêche. Vingt et un ans après cette victoire inattendue, cette propriété — connue sous le surnom d’île Haribo — est désormais proposée à la vente pour environ 220 000 €.
Comment Matthias Roß est devenu propriétaire de Back Lake Island
L’histoire débute précisément le 11 avril 2005, quand Matthias Roß prend part à une vaste opération promotionnelle orchestrée par Haribo en Allemagne. Des millions de vignettes avaient été glissées dans les emballages de bonbons, avec comme récompense principale une île canadienne. Quelques mois s’écoulent, et la marque lui confirme qu’il est le grand gagnant — une annonce célébrée lors d’une cérémonie très médiatisée, en présence de l’animateur Thomas Gottschalk.
Le lot remporté comprend un terrain d’environ 6,5 hectares — l’équivalent de neuf terrains de football — situé sur le lac Back Lake, en Nouvelle-Écosse. S’y ajoutent un billet d’avion pour s’y rendre, une cabane en bois et du matériel de pêche. Matthias Roß, alors âgé de 44 ans, fait de ce coin reculé son refuge de vacances personnel, y retournant chaque année pour pêcher, couper du bois et améliorer progressivement le confort du chalet.
Ce que comprend aujourd’hui l’île Haribo au Canada
Back Lake Island se situe dans le comté de Shelburne, au sud-ouest de la Nouvelle-Écosse. Pour s’y rendre depuis l’Allemagne, il faut d’abord traverser l’Atlantique en avion, puis effectuer plusieurs heures de route jusqu’à la bourgade la plus proche, avant de rejoindre l’île en bateau. L’accès reste à une trentaine de minutes de la ville la plus proche, ce qui garantit un isolement total mais réclame une organisation sans faille à chaque séjour.
Avec le temps, la cabane d’origine s’est transformée en une maison en bois d’environ 85 m² dotée de deux chambres. Le bâtiment dispose aujourd’hui d’un abri de jardin, de panneaux solaires pour l’alimentation électrique, d’une pompe puisant directement dans le lac et d’un système de toilettes à compost. Un petit ponton facilite l’accostage, et deux embarcations — décrites comme des canoës ou petits bateaux — sont incluses dans la vente, tout comme le matériel de pêche. L’annonce publiée par l’agence Vladi Private Islands affiche un prix de 348 000 dollars canadiens, soit entre 218 000 et 220 000 € selon le taux de change en vigueur.
Les coûts cachés d’une île privée à 220 000 €
Si la propriété a été maintenue en bon état au fil des années, c’est en grande partie grâce aux parents de Matthias Roß, qui s’y rendaient régulièrement pour assurer l’entretien du site. Mais posséder une île a un prix bien réel. D’après les déclarations accordées au journal Main-Echo, le couple devait débourser environ 2 500 € chaque année, billets d’avion compris, entre taxes, déplacements et maintenance courante du terrain. « Le Canada réclame une taxe foncière annuelle de 2 500 € », précise Matthias. À cela s’ajoutent, à chaque visite, la location d’une voiture, les pleins d’essence, les approvisionnements et la logistique du transport par bateau.
Pour Matthias Roß, l’accumulation de ces contraintes — temps de trajet, éloignement et coûts récurrents — a progressivement pris le dessus sur le charme de son île canadienne. La vente englobe le terrain, la maison et l’ensemble des équipements décrits dans l’annonce, de quoi séduire un acheteur prêt à embrasser un mode de vie très autonome, totalement coupé des réseaux publics. Un tel projet implique néanmoins d’accepter un quotidien régi par la météo, d’anticiper chaque approvisionnement et de garder à l’esprit que le prix en dollars canadiens fluctue selon le taux de change. Pour qui se sent vraiment prêt à franchir le pas, Back Lake Island demeure une curiosité immobilière bien concrète, posée au cœur du lac éponyme en Nouvelle-Écosse.


