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Bien-être

Odeur de gaz ou chaudière qui vous intoxique : les pompiers alertent sur cette confusion mortelle

Deux dangers distincts que l’on confond trop souvent

Un matin d’hiver, une odeur d’œuf pourri flotte dans la cuisine, la flamme de la gazinière vire au jaune et un malaise s’installe progressivement. Le réflexe immédiat de beaucoup est d’associer tout cela à une seule et même menace. Pourtant, les sapeurs-pompiers le constatent quotidiennement : cette confusion peut avoir des conséquences dramatiques.

Le sergent Abel Allende, du Service d’extinction des incendies de Palencia, est formel : « L’odeur de gaz et une mauvaise combustion de la chaudière sont deux incidents complètement distincts. » D’un côté, le risque majeur est l’explosion. De l’autre, c’est une intoxication au monoxyde de carbone, un gaz invisible et sans odeur. Deux situations, deux comportements à adopter absolument.

Odeur de gaz ou mauvaise combustion de chaudière : deux dangers différents

Pour les pompiers, percevoir une forte odeur de gaz évoque immédiatement une suspicion de fuite de combustible — gaz naturel, butane ou propane. Naturellement inodore, le gaz est enrichi d’un additif chimique qui lui confère ce caractère olfactif caractéristique d’œuf pourri. « Le premier incident signale une possible fuite de combustible », précise Abel Allende. Mélangé à l’air ambiant, ce gaz peut exploser au contact de la moindre flamme ou de la plus infime étincelle.

La seconde situation n’a strictement rien à voir avec une fuite. Une chaudière dont la combustion est défaillante génère du monoxyde de carbone (CO) — un gaz ni visible ni odorant. Ce phénomène survient lorsque le combustible brûle en manque d’oxygène, typiquement dans une chaudière mal réglée. Le monoxyde de carbone se fixe sur l’hémoglobine bien plus facilement que l’oxygène, privant ainsi l’organisme de ce dont il a besoin pour fonctionner. En France, le Ministère de la Santé et l’Assurance maladie recensent chaque année 3 000 personnes intoxiquées au CO et une centaine de décès.

Que faire immédiatement si une odeur de gaz apparaît chez vous

Face à une odeur de gaz dans un logement, chaque geste compte — et certains réflexes habituels deviennent dangereux. Tout ce qui est susceptible de provoquer une étincelle doit être évité : interrupteur électrique, flamme nue, appareil électroménager, téléphone portable utilisé à l’intérieur, sonnette ou encore ascenseur.

« Si la concentration est dans la plage d’explosivité, la simple étincelle d’un interrupteur peut provoquer une déflagration », avertit Abel Allende. Les bons réflexes, détaillés par GRDF, se résument en quelques étapes essentielles :

  • Ouvrir largement fenêtres et portes afin de diluer le gaz dans l’atmosphère.
  • Couper l’arrivée de gaz au compteur, si cette action peut être réalisée sans risque.
  • Faire évacuer immédiatement tous les occupants du logement.
  • Une fois à l’extérieur, composer le 18, le 112 ou le numéro Urgence Sécurité Gaz de GRDF : 0 800 47 33 33, gratuit et disponible 24h/24.

Mauvaise combustion et monoxyde de carbone : signaux discrets mais graves

Lorsque c’est la combustion de la chaudière qui est en cause, aucune odeur ne vient alerter les occupants. Il faut alors observer attentivement l’installation : une flamme saine reste bleue. En revanche, une flamme jaune, des traces de suie autour de l’appareil ou une condensation inhabituelle sur les vitres de la pièce sont autant de signaux d’alerte indiquant que la chaudière produit potentiellement du CO. Les chaudières dites atmosphériques, qui puisent l’air directement dans la pièce, sont particulièrement sensibles à ce problème, surtout lorsque les grilles de ventilation ont été obstruées.

L’organisme envoie lui aussi des signaux : maux de tête, vertiges, nausées, somnolence et sensation de lourdeur. Ces symptômes, proches de ceux d’un épisode grippal, touchent simultanément plusieurs personnes du même foyer et s’estompent dès que l’on s’expose à l’air libre. Les pompiers recommandent alors de ventiler les pièces, de couper l’alimentation en gaz de la chaudière, de quitter les lieux sans tarder et d’appeler les secours.

Ils insistent également sur l’importance de l’entretien annuel obligatoire prévu par le décret n°2009-649, ainsi que sur l’installation de détecteurs de gaz ou de monoxyde de carbone à piles, capables de déclencher une alarme dès les premières concentrations anormales détectées.