Avant la forêt, Meco menait une vie professionnelle bien remplie
Pas de maison, presque jamais de courses à faire, et une toile tendue entre les arbres pour unique toit. Le quotidien de Meco pourrait sembler sorti d’un autre siècle — pourtant, cet Italien a longtemps évolué au cœur du monde des affaires. Il travaillait pour la compagnie Assicurazioni Generali et cogérait, avec son frère, un bureau supervisant une cinquantaine de copropriétés.
Ses journées s’enchaînaient au rythme des rendez-vous professionnels. « J’étais en contact quotidien avec des banques, des avocats et des notaires », se rappelle-t-il. Une situation stable, une maison, une vie organisée — rien ne laissait supposer le tournant radical qui allait suivre.
Après une succession d’épreuves, Meco choisit de se réfugier dans la forêt
Tout a commencé à basculer lorsque son père est tombé malade. Meco décrit alors une période éprouvante, jalonnée de pertes personnelles et matérielles. « J’ai peu à peu perdu tout ce que j’avais construit », confie-t-il sobrement. La rupture avec son ancienne vie ne s’est pourtant pas opérée du jour au lendemain.
C’est durant un séjour dans les bois de Sona, non loin du lac d’Iseo, qu’une autre façon d’exister a commencé à prendre forme dans son esprit. « C’est l’étincelle qui m’a amené ici », explique-t-il. Il a finalement choisi de s’établir dans une zone montagneuse d’Italie, à quelque 700 mètres d’altitude dans les Apennins romagnols, loin de tout ce qu’il avait connu.
En pleine forêt, Meco a appris à vivre avec presque rien
Son habitation ? Un tipi qu’il a fabriqué lui-même, avec des perches et une toile. Pour mieux résister aux intempéries, il a troqué le coton d’origine contre des voiles de bateau, bien plus solides face aux éléments. À l’intérieur, ni chambre aménagée ni chauffage central : Meco dort sur une peau de bison et entretient un feu quand les températures chutent.
Se nourrir et trouver de l’eau sont devenus des tâches à part entière. « Je ramasse des champignons, des châtaignes et tout ce que la forêt m’offre », raconte-t-il, précisant qu’il ne fait presque jamais de courses. Pour l’eau, il rejoint une petite source dissimulée dans les ronces et remplit ses bouteilles à la main. Chaque journée exige une connaissance fine des lieux et une adaptation permanente aux caprices de la météo.
Après 14 ans en forêt, Meco ne regrette pas son ancienne vie
Contrairement aux apparences, Meco ne vit pas en ermite total. Au fil du temps, il a aménagé son terrain pour accueillir des visiteurs, notamment des enfants dans le cadre d’activités pédagogiques. L’espace, inspiré des campements traditionnels amérindiens, fonctionne sans billet d’entrée : tout repose sur les contributions volontaires de ceux qui viennent le découvrir.
Ce mode de vie a profondément reconfiguré son rapport aux possessions. « Je ne possède rien », affirme Meco. Lorsqu’un outil disparaît — une tronçonneuse lui a déjà été volée — il dit accepter la perte, non sans peine. Chercher l’eau, préparer les repas, entretenir l’abri, se protéger du froid : telle est désormais sa routine. Quatorze ans après son installation, il continue de vivre selon ces principes, à mille lieues de l’agent d’assurance qu’il était autrefois, comme il le raconte dans un reportage de la chaîne YouTube The Pillow.


