3 Brothers

Des idées pratiques pour mieux vivre au quotidien

Bien-être

Ce trou en façade pour votre poêle à granulés peut vous coûter très cher, même si l’installateur a tout validé

En bref

Un percement de façade pour une sortie ventouse de poêle à granulés en copropriété nécessite l'autorisation préalable de l'assemblée générale selon la loi du 10 juillet 1965, faute de quoi le syndic peut exiger la remise en état aux frais du copropriétaire.

Trois points à retenir

  1. La façade est une partie commune et tout percement exige un vote de l'assemblée générale à la majorité des voix de tous les copropriétaires, présents ou absents.
  2. Le cahier 3708 V3 du CSTB impose des distances minimales strictes : au moins 2 m du sol, 1 m d'un mur sans ouverture, 4 m face à un ouvrant du même logement et jusqu'à 6 m face à la fenêtre d'un voisin.
  3. Sans autorisation préalable, le juge des référés peut ordonner la démolition de la sortie et le rebouchage du mur aux frais du copropriétaire, mais une régularisation par vote en assemblée générale reste possible.

La réponse en bref

Oui, ce percement peut coûter très cher car la façade est une partie commune nécessitant l'autorisation de l'assemblée générale. Sans ce vote préalable, le syndic peut exiger la remise en état aux frais du copropriétaire, même si l'installateur a validé les travaux.

Poêle à granulés en copropriété : pourquoi la façade percée devient un problème juridique

Tout semblait parfait : un poêle à granulés flambant neuf, une sortie ventouse discrète percée en façade, et des factures de chauffage enfin sous contrôle. Puis, six mois après les travaux, une lettre recommandée du syndic arrive dans la boîte aux lettres. Mise en demeure, rappel au règlement de copropriété, menace de remise en état à vos frais. Beaucoup de copropriétaires réalisent alors, trop tard, que ce simple trou dans le mur n’était pas une affaire purement privée.

Le scénario se répète dans des dizaines d’immeubles partout en France. Plutôt que de prévoir un tubage jusqu’en toiture, on opte pour une sortie ventouse en façade, l’installateur intervient, et personne ne pense à solliciter l’autorisation de l’assemblée générale. Tant que le poêle chauffe, on se rassure. Jusqu’au jour où le syndic rappelle que la façade est une partie commune, et que la copropriété n’a jamais voté.

Pourquoi le syndic réagit face à une façade de copropriété percée

Tout repose juridiquement sur la loi du 10 juillet 1965. Son article 25 b exige une autorisation préalable de l’assemblée générale dès lors qu’un copropriétaire effectue des travaux touchant aux parties communes ou modifiant l’aspect extérieur de l’immeuble. Une façade percée avec un terminal dépassant d’une quarantaine de centimètres remplit ces deux conditions simultanément.

Ce vote doit réunir la majorité des voix de l’ensemble des copropriétaires, présents ou absents. Autrement dit, chaque absent compte automatiquement comme un opposant. Ni le syndic, ni le conseil syndical, ni même le règlement de copropriété ne peuvent remplacer ce vote obligatoire. Un accord verbal glissé dans un couloir par le gestionnaire n’a aucune valeur juridique. La façade, qu’elle soit côté rue ou côté cour, demeure une partie commune : le mur traversé par la ventouse n’appartient pas au seul occupant de l’appartement.

Sortie ventouse en façade : un cadre technique très strict

Sur le plan technique, la référence incontournable est le cahier 3708 V3 du CSTB, approuvé le 26 mars 2024. Ce document réserve la sortie en façade aux seuls poêles à granulés étanches, raccordés à un conduit concentrique prévu pour cette configuration et validé par le fabricant ou par un avis technique officiel. Elle est strictement interdite dans un logement neuf de moins de trois ans.

Pour un poêle à bûches, la ventouse en façade est tout simplement impossible, quel que soit le discours de l’installateur. Les distances réglementaires à respecter sont également très précises et déterminent souvent la faisabilité du projet :

  • Au moins 2 m de hauteur par rapport au sol.
  • Au moins 1 m d’un mur sans ouverture.
  • Au moins 4 m face à un ouvrant du même logement.
  • Jusqu’à 6 m lorsque le terminal fait face à la fenêtre d’un voisin.

Le cahier du CSTB précise que ces règles s’appliquent simultanément à tous les ouvrants et entrées d’air présents sur la façade. Une seule fenêtre trop proche suffit à invalider complètement l’emplacement retenu.

Percement déjà réalisé : comment régulariser la situation en copropriété

Dans la grande majorité des cas, la première lettre du syndic reste un avertissement, et non une procédure judiciaire immédiate. Mais sans autorisation préalable, le juge des référés peut ordonner la démolition de la sortie et le rebouchage du mur aux frais du copropriétaire concerné. Le poêle, déjà payé et installé, se retrouve alors sans aucune évacuation de fumées.

Une voie de régularisation existe néanmoins : l’assemblée générale peut ratifier les travaux après coup, à la même majorité requise que pour une autorisation préalable. Si le projet obtient au moins un tiers des voix lors du premier vote, l’article 25-1 permet d’organiser un second vote à la majorité simple lors de la même assemblée.

Pour éviter d’en arriver à cette situation délicate, voici les réflexes essentiels à adopter avant tout projet de poêle à granulés en copropriété :

  • Consulter le règlement de copropriété et obtenir impérativement l’accord de l’assemblée générale avant tout percement.
  • Déposer une déclaration préalable en mairie après le vote, dès lors que des modifications sont apportées à la façade.
  • Choisir un installateur RGE qualifié et attendre la décision officielle de la copropriété avant de commencer les travaux.