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Bien-être

Fenêtres PVC : ce réglage hivernal que les Français adoptent, alors que les experts mettent en garde contre ses effets insoupçonnés

Un conseil viral qui revient chaque automne

Dès que les températures chutent, l’astuce ressurgit inévitablement sur les réseaux sociaux : activer le mode hiver de ses fenêtres permettrait de conserver la chaleur chez soi. Dans ces vidéos, des internautes font pivoter un petit galet situé sur le côté de l’ouvrant, parfois présentés comme de véritables conseils d’experts. La promesse est difficile à ignorer, surtout dans un contexte où les factures de chauffage ne cessent d’augmenter.

Plusieurs sites étrangers affirment que les fenêtres en PVC disposeraient de deux configurations selon la saison : l’une légèrement entrouverte pour l’été, l’autre plus hermétique pour l’hiver. Ces explications détaillent l’utilisation d’une clé Allen, d’un tournevis, ou d’un simple système rotatif pour augmenter la pression exercée sur le joint. L’idée paraît logique : plus on serre, moins l’air froid s’infiltre. Mais faut-il vraiment s’empresser de régler toutes ses fenêtres avant l’hiver ?

Mode hiver des fenêtres : mythe viral ou vraie solution contre le froid

Les organismes français spécialisés se montrent très prudents sur le sujet. QUALITEL rappelle clairement que le mode hiver n’existe pas dans les références techniques officielles applicables aux fenêtres. Le Centre Scientifique et Technique du Bâtiment (CSTB), qui évalue leurs performances, ne prévoit aucun réglage saisonnier dans ses protocoles d’évaluation.

Les fenêtres sont en effet testées pour leur étanchéité à l’air, leur niveau d’isolation et leur résistance mécanique — sans que l’occupant ait à intervenir manuellement entre l’été et l’hiver. Pourtant, les infiltrations d’air autour des menuiseries restent un problème bien réel. Selon l’ADEME, entre 10 et 20 % des pertes de chaleur d’un logement peuvent être imputées à des infiltrations d’air parasites : fenêtres vieillissantes ou mal réglées, joints détériorés, coffres de volets roulants non isolés.

Les recommandations officielles n’évoquent jamais un mode hiver à enclencher, mais insistent sur la qualité de la pose, un vitrage performant et des joints en bon état. L’objectif est de réduire les fuites d’air sans compromettre la ventilation naturelle du logement.

Réglage de compression, galets et risques pour vos fenêtres

Concrètement, ce que montrent les tutoriels, ce sont des galets excentriques intégrés à la quincaillerie de certaines fenêtres en PVC. En les faisant pivoter à l’aide d’une clé Allen, d’un tournevis, ou parfois à la main, l’ouvrant se rapproche légèrement du cadre et le joint d’étanchéité subit une compression plus importante. Sur certains modèles, un signe + ou – indique le sens à suivre pour serrer ou desserrer. Ce système n’est toutefois pas présent sur toutes les menuiseries, et aucun standard universel ne l’encadre.

Pour évaluer la pression appliquée, certains conseillent de glisser une feuille de papier entre l’ouvrant et le cadre : si elle coulisse sans résistance, la compression serait insuffisante. Mais QUALITEL appelle à la prudence : « Les documents institutionnels ne préconisent pas une modification par l’usager », souligne l’association. Un serrage excessif peut accélérer l’usure des joints d’étanchéité, rendre la poignée difficile à actionner et perturber la micro-ventilation prévue par le fabricant.

Une fenêtre rendue trop hermétique peut également gêner le fonctionnement de la VMC, faire monter le taux d’humidité intérieur et favoriser l’apparition de moisissures sur les murs — précisément en plein hiver, quand on cherche à rester au chaud.

Garder la chaleur sans abîmer vos fenêtres : les bons réflexes

Les spécialistes de la rénovation privilégient des gestes simples qui se révèlent souvent plus efficaces qu’un réglage saisonnier incertain.

  • Inspecter régulièrement les joints autour des ouvrants et les remplacer dès qu’ils montrent des signes de fatigue.
  • Maintenir les entrées d’air fonctionnelles et vérifier périodiquement le bon fonctionnement de la VMC.
  • Traiter en priorité l’isolation du toit, des murs et des planchers bas, qui représentent les plus grandes sources de déperditions thermiques.
  • Faire entretenir le système de chauffage pour s’assurer qu’il délivre la puissance nécessaire.

Avant de toucher au moindre réglage, il est préférable d’identifier précisément l’origine du problème : joint endommagé, coffre de volet roulant non isolé, bas de porte laissant passer l’air froid. En cas de doute, faire intervenir un professionnel permet de contrôler l’état des menuiseries sans risquer de dégrader ni l’étanchéité ni la ventilation du logement.